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Quand nos bonnes intentions ne répondent pas toujours aux besoins de nos animaux


Et si aimer ne suffisait pas ?


Nous aimons nos animaux.

Nous voulons les protéger, les rendre heureux, leur offrir la plus belle vie possible. Chaque décision que nous prenons est, dans notre esprit, guidée par l'affection que nous leur portons.

Mais cette affection suffit-elle à garantir leur bien-être ?

La question peut sembler dérangeante.

Pourtant, elle mérite que l'on s'y attarde.

Nous faisons rarement souffrir un animal parce que nous ne l'aimons pas.

Le plus souvent, nous le faisons parce que nous sommes convaincus de lui faire du bien.

Le bien-être animal est une notion profondément complexe. Il ne dépend pas uniquement de nos intentions, mais aussi de notre capacité à comprendre les besoins de l'animal... qui ne sont pas toujours les mêmes que les nôtres.

En tant qu'êtres humains, nous interprétons naturellement le monde à travers notre propre sensibilité.

Nous avons froid, alors nous couvrons notre chien.

Nous nous sentons seuls, alors nous voulons qu'il soit constamment auprès de nous.

Nous trouvons du réconfort dans la nourriture, alors nous multiplions les friandises pour lui témoigner notre affection.

Nous avons peur qu'il lui arrive quelque chose, alors nous limitons ses explorations, ses rencontres ou sa liberté.

Aucune de ces décisions n'est prise avec de mauvaises intentions.

Bien au contraire.

Elles naissent de l'amour.


Mais aimer un animal ne signifie pas toujours comprendre ce dont il a réellement besoin.

Un chien a besoin d'explorer, de sentir, de faire des choix, d'apprendre à gérer certaines frustrations, de développer sa confiance et d'exprimer les comportements propres à son espèce.


Parfois, en voulant le protéger de tout, nous l'empêchons d'apprendre.

Parfois, en voulant lui éviter la moindre frustration, nous lui retirons l'occasion de développer sa capacité d'adaptation.


Parfois encore, en croyant savoir ce qui est bon pour lui, nous oublions simplement de l'observer.

Il existe pourtant une autre dimension du bien-être dont on parle finalement assez peu.

Celle qui consiste à accepter notre animal tel qu'il est.

Avec son tempérament.

Ses émotions.

Ses facilités.

Ses difficultés.

Son histoire.


Nous accueillons parfois un chien avec une image bien précise de celui qu'il devrait devenir.

Nous aimerions qu'il soit sociable avec tous les chiens, à l'aise avec les inconnus, calme en toutes circonstances, toujours enthousiaste pour les promenades, capable de s'adapter à toutes les situations.

Pourtant, comme nous, chaque chien possède sa propre personnalité.

Le respecter, c'est aussi accepter qu'il ne corresponde pas toujours à l'image que nous avions imaginée.


Et si on parlait de la confiance ?


Nous parlons souvent de confiance comme si elle était un objectif à atteindre.

En réalité, elle est avant tout une relation qui se construit.

Et cette relation ne peut naître que d'une confiance mutuelle.

Nous demandons souvent à nos chiens de nous faire confiance.

Mais leur faisons-nous suffisamment confiance, nous aussi ?

Leur faisons-nous confiance lorsqu'ils expriment une émotion ?

Lorsqu'ils hésitent face à une situation nouvelle ?

Lorsqu'ils nous montrent, à leur manière, que quelque chose est trop difficile pour eux ?

La confiance naît de la confiance.

Elle grandit lorsque notre chien découvre qu'il peut être entendu, respecté et compris.

L'histoire du bien-être animal nous enseigne une leçon précieuse.

Il y a quelques décennies à peine, certaines pratiques étaient largement recommandées. Elles étaient mises en œuvre par des propriétaires sincèrement convaincus d'agir dans l'intérêt de leur animal.

Aujourd'hui, beaucoup de ces pratiques sont remises en question à la lumière de nouvelles connaissances scientifiques.

Il est donc probable que certaines de nos certitudes actuelles évolueront elles aussi.

Cette idée ne doit pas nous inquiéter.

Elle devrait au contraire nous encourager à rester curieux, humbles et ouverts à l'évolution des connaissances.

Je ne fais pas exception.

Comme tout propriétaire, comme toute comportementaliste, je continue moi aussi à apprendre de chaque animal qui croise ma route.

Certains m'ont confortée dans mes convictions.

D'autres les ont profondément bousculées.

Et c'est sans doute ce qui rend cette aventure si passionnante.

Car le bien-être animal n'est pas une destination que l'on atteint une fois pour toutes.

C'est une démarche.

Observer.

Écouter.

Apprendre.

Remettre en question ce que l'on croyait acquis.

Puis recommencer.

Nos animaux nous parlent en permanence.

Pas avec des mots.

Avec leurs émotions, leurs comportements, leurs hésitations, leurs progrès... et leur manière unique d'être au monde.

Encore faut-il accepter de les écouter avant de les interpréter.


Le bien-être ne consiste pas à façonner un chien à notre image.

Il consiste à lui permettre de devenir pleinement lui-même.

Le bien-être animal ne commence pas lorsque nous cessons de faire des erreurs.

Il commence lorsque nous acceptons de remettre nos certitudes en question.

Peut-être que la plus belle preuve d'amour que nous puissions offrir à nos animaux n'est pas de les transformer en chiens idéaux.

C'est de leur offrir un environnement où ils peuvent devenir pleinement eux-mêmes.

Et d'avoir l'humilité de continuer à apprendre d'eux, tout au long de leur vie... et de la nôtre.


Le bien-être ne consiste pas à façonner un chien à notre image. Il consiste à lui permettre de devenir pleinement lui-même.

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