Un chien n'a pas de frontière
- Sit Happens

- 15 juin
- 4 min de lecture

Chaque fois qu'une association espagnole publie la photo d'un chien à l'adoption, la même question finit par apparaître.
"Pourquoi aller chercher un chien en Espagne alors que les refuges belges sont déjà pleins ?"
C'est une question légitime.
Une question qui mérite mieux qu'une réponse rapide ou émotionnelle.
Car derrière cette interrogation se cache souvent une idée simple : aider les uns reviendrait à oublier les autres.
Pourtant, la réalité est bien différente.
Les refuges belges ont besoin d'adoptants.
Les refuges espagnols aussi.
Les chiens abandonnés existent partout.
Et la souffrance, elle, ne connaît ni les frontières, ni les langues, ni les drapeaux.
Quand un chien vous change à jamais
On me demande parfois pourquoi je m'investis autant pour les chiens espagnols.
Pourquoi les Galgos ?
Pourquoi les Podencos ?
La réponse est finalement assez simple.
J'aime les chiens.
Tous les chiens.
Au cours de ma vie, j'ai partagé mon quotidien avec des chiens très différents. Des multi-races, bergers allemands, un Beauceron, un croisé Border Collie, mais aussi deux Leonbergs, une race dont je suis profondément amoureuse.
Les grands chiens ont toujours eu une place particulière dans mon cœur.
Leur présence rassurante, leur sensibilité, leur capacité à créer un lien unique avec leur famille m'ont accompagnée pendant de nombreuses années.
Aujourd'hui pourtant, j'ai fait le choix de ne plus adopter de chiens aussi lourds. Non pas parce que mon amour pour eux a changé, mais parce qu'il faut parfois être honnête avec soi-même. Un Leonberg peut dépasser les 60 kilos et, en cas d'urgence ou de problème de santé, je n'ai plus la force physique nécessaire pour porter un chien d'un tel gabarit.
Aimer un chien, c'est aussi savoir reconnaître ses propres limites.
Mais si j'ai aimé tous les chiens qui ont partagé ma vie, certains ont laissé une empreinte différente.
Les histoires des Galgos et des Podencos me touchent depuis des décennies.
Bien avant d'en accueillir un à la maison.
Pendant longtemps, ils ont été ces chiens que je regardais de loin. Ceux dont je suivais les sauvetages, les adoptions et les histoires parfois bouleversantes.
Puis un jour, Molly est arrivée.
Une Podenca des Canaries.
Et avec elle, j'ai découvert ce que les amoureux des Podencos tentent souvent d'expliquer sans jamais vraiment trouver les mots.
Cette sensibilité particulière.
Cette intelligence discrète.
Cette façon d'observer avant d'agir.
Cette indépendance qui n'empêche pas un attachement profond.
Puis, quelques années plus tard, Capitàn est entré dans ma vie.
Mon premier Galgo.
Et une immense histoire d'amour a commencé.
Je pourrais parler de son élégance, de sa douceur ou de son regard capable d'exprimer mille émotions sans un seul bruit.
Mais ceux qui ont déjà partagé leur vie avec un lévrier comprendront probablement ce que je veux dire sans que j'aie besoin de l'expliquer davantage.
Il existe quelque chose de particulier chez ces chiens.
Quelque chose qui marque profondément.
Et lorsqu'un lévrier a traversé votre vie, il laisse souvent une empreinte qui ne s'efface jamais vraiment.
Puis je ferais immédiatement le lien avec le sujet principal :
Est-ce pour autant que tous les futurs adoptants devraient choisir un Galgo ou un Podenco ? Bien sûr que non. Car l'adoption n'est pas une question de nationalité, ni même de race. C'est avant tout une rencontre.
L'amour d'une race ne fait pas toujours un bon choix
Molly et Capitàn ont profondément changé mon regard sur les chiens.
Comme beaucoup de personnes tombées sous le charme des Podencos ou des Galgos, je pourrais passer des heures à parler de leur sensibilité, de leur élégance ou de leur incroyable capacité d'adaptation.
Mais aimer une race ne signifie pas qu'elle convient à tout le monde.
Et c'est probablement l'une des réflexions les plus importantes lorsqu'on envisage une adoption.
Un chien ne devrait jamais être choisi parce qu'il est à la mode.
Ni parce qu'il suscite de la compassion.
Ni parce qu'une photo nous a fait fondre.
Un chien partage notre quotidien pendant dix, douze ou parfois quinze ans.
Son tempérament, ses besoins et ses particularités doivent pouvoir s'intégrer harmonieusement dans notre mode de vie.
Le meilleur chien n'existe pas
La meilleure race n'existe pas.
Le meilleur refuge n'existe pas.
Le meilleur pays d'origine n'existe pas.
Il existe simplement des rencontres plus ou moins adaptées.
Un sportif passionné de randonnée n'aura pas forcément les mêmes attentes qu'une personne retraitée.
Une famille avec de jeunes enfants n'aura pas les mêmes contraintes qu'un célibataire vivant en appartement.
Certaines personnes rêveront d'un chien calme capable de les accompagner partout.
D'autres rechercheront un partenaire d'activités infatigable.
Aucun de ces choix n'est meilleur qu'un autre.
Ils sont simplement différents.
Adopter avec son cœur... et avec sa tête
L'émotion est souvent le point de départ d'une adoption.
Et c'est une bonne chose.
Mais elle ne devrait jamais être le seul critère.
Lorsqu'un futur adoptant me demande quel chien choisir, ma première question n'est jamais :
*"Quelle race aimez-vous ?"
Mais plutôt :
*"Comment vivez-vous ?"
Car un chien heureux est avant tout un chien dont les besoins correspondent à la réalité de sa famille.
Un chien n'a pas de frontière
C'est pour cette raison que je ne crois pas qu'il existe de "meilleures" adoptions.
Adopter dans un refuge belge est une magnifique démarche.
Adopter un chien espagnol l'est tout autant.
L'important n'est pas le pays d'où vient le chien.
L'important est de lui offrir une vie qui lui correspond.
Car au final, qu'il soit né dans un village andalou, dans les plaines espagnoles ou à quelques kilomètres de chez nous, un chien recherche toujours la même chose :
la sécurité, la compréhension, le respect de ses besoins et une famille auprès de laquelle il pourra enfin poser ses valises.

Le plus beau sauvetage n'est pas celui qui traverse le plus de kilomètres. C'est celui qui dure toute une vie. ❤️🐾




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